Programme et archive du festival JoyZone décembre 2007



Le festival aura lieu du 20 au 23 décembre 2007 à Strasbourg
à l'Université Marc Bloch et à La Friche

L'entrée sera gratuite à tous nos événements

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JoyZone



 Ça ne restera pas en famille !



LE PÈRE NOËL EST (SÛREMENT) UNE ORDURE SEXISTE ET HOMOPHOBE...
...pour toujours s'imposer aux repas de famille


Ils* nous vendent de partout la Famille : elle est censée être bienveillante, rassurante, aimante, épanouissante. Elle est sacrée (sacralisée...)

Nous, transpédégouines et féministes, nous connaissons la famille, mais sa face camouflée : celle de l'oppression des femmes, de l'asphyxie des désirs, des normes et des violences, des suicides, de « l'amour » obligatoire et des rêves étouffés.

Féministes, nous avons découvert que, de la famille, nous étions souvent les esclaves : exploitation domestique, viols conjugaux. Transpédégouines, nous avons découvert que, de la famille, nous devions être excluEs : de la parentalité, de la conjugalité mariée, etc. Nous en avons déduits que la Famille était l'un des instruments de l'oppression hétéro-patriarcale.

Alors nous avons appris à nous en libérer, à nous échapper d'elle. Mais pas assez. Pas complètement.

Pendant trois jours, JoyZone pose la question : À quoi ça sert, la famille ? Et à qui ça sert ?

Et si on inventait d'autres solidarités que celles héritées d'ordres mortifères ?


*Ils = L'État, les religions, le marché, les media, Ségolène, Nicolas et leurs amiEs.




 Les 21 et 22 décembre 2007 à La Friche, à partir de 14 h


Encore un peu d'humaNUté - Exposition photos d'Irina Holfert


Irina Holfert nous présente la suite de son travail exposé dans le cadre du festival JoyZone en juin 2007.

Série de nus avec un objet emblématique du modèle : outil de travail, animal de compagnie, tract, etc. L'objet, ainsi que la mise en scène, sont choisis par les modèles, qui participent ainsi à l'élaboration de leur portrait. L'autoportrait occupe également une large place dans la série, contribuant ainsi à remettre en question la distance entre l'artiste et son modèle, entre l'objet et le sujet de la photo.

La nudité sert ici à s'approcher au plus près de l'identité du modèle, sans jamais tomber dans les deux travers du genre : ni idéalisation ni pornographie. Dans cette optique réaliste, mais rarement exempte d'humour, les modèles ignorent volontairement les normes traditionnelles de beauté en terme de pilosité, d'âge, de corpulence, de virilité ou de féminité... La série dans son ensemble a pour ambition de tracer un instantané de l'humanité dans sa diversité, en toute simplicité et sans illusion.




 Jeudi 20 décembre 2007 à 18h30 à l'amphi 5 du Patio (Université Marc Bloch)


Projection-débat du film « Ma vie en rose » (France, 1997, réalisé par Alain Berliner) : Ou comment se faire rejeter par les autres - Événement proposé et animé par Over the Rainbow et Support Transgenre Strasbourg


Loin des images d'Épinal, la famille c'est aussi p.ex. la peur du coming-out, les tentatives de suicide par non-envie de vivre une vie marginale, l'agoraphobie de l'enfant, la dépendance financière des enfants vis-à-vis de leurs parents/tuteurs...

Selon la majorité, la famille est géniale, mais est-ce avéré ? Pas forcément.

La famille, aujourd'hui, semble être sacrée, car elle conserve la bénédiction divine encore présente dans l'héritage de la société. En outre, la cellule familiale est censée être une micro-société et est aussi censée fournir support aux enfants. Lors des dernières campagnes électorales par exemple, la valeur familiale était au centre des débats (avec le refrain déjà connu « Pain, Famille, Patrie »).

Or la famille oublie quelquefois qu'elle empêche l'émancipation personnelle de ces/ses enfants en leur faisant avorter leurs envies et en détruisant leur libre-arbitre. Ainsi, quelqu'unE qui n'est pas « normaliséE » et affirme sa différence est quasi systématiquement rejetéE. Le rejet s'étend à la législation concernant les homosexuelLEs, bisexuelLEs et transgenre, car ils/elles n'ont officiellement pas le droit de créer une famille. Donc, la famille continue à assumer son rôle uniquement tant que l'enfant se comporte d'une façon hétéronormée et hétéropatriarcale, et ceci se nomme un chantage affectif.

Pourquoi ne pas déconstruire le concept familial tout en restant solidaires ?




 Vendredi 21 décembre 2007 à 18 h à La Friche


Atelier créatif « Quelle visibilité pour une critique de la famille ? » - Événement proposé et animé par le Collectif JoyZone et vous


En cette période de Noël, les images de la Famille patriarcale et du couple hétéronormé sont omniprésentes, les vitrines regorgent de victuailles et de luxe jusqu'à l'écœurement, les foules se précipitent sur les dépenses ruineuses, les hauts-parleurs déversent de sirupeux chants de Noël afin de nous mettre en condition commerciale, et les bons sentiments s'étalent sous forme de slogans publicitaires.

En cette période de Noël, les transpédégouines devront rester dans le placard pour ne pas gâcher la fête de famille, les femmes passeront des heures aux fourneaux, à la vaisselle et aux soins des indigestions, les enfants battuEs, violéEs et maltraitéEs seront bien sages devant le Père Noël et se tairont. Celles et ceux qui détestent Noël n'auront qu'à faire un effort comme tout le monde, les plus fauchéEs n'auront qu'à s'endetter pour consommer ou rester chez elles/eux, et si elles/ils sont à la rue, qu'elles/ils restent loin du centre ville de préférence, bien cachéEs. Les plus seulEs n'auront qu'à déprimer si leurs amiEs sont en famille, et les non-chrétienNEs n'auront qu'à supporter stoïquement l'étalage de symboles chrétiens, quand les autres religions sont sommées d'être invisibles toute l'année. Quant aux athéEs et agnostiques, pas de problème : le Père Noël c'est Coca-Cola qui l'a inventé...

Comment jeter un beau pavé dans cette mare familiale bien-pensante ? Comment troubler ce long fleuve de la consommation toute-puissante ? Comment faire entendre une voix discordante dans le vacarme de l'« Ordre Moral » ? Amenez votre imagination, vos talents, vos idées et votre humour ! Un atelier pour élaborer des performances créatives et subversives...




 Vendredi 21 décembre 2007 à 20h30 à La Friche


Débat autour de l'idéologie familiale : « Et nous détruirons tout. Les foyers et les familles »... (F. García Lorca) - Événement proposé et animé par TaPaGeS - TransPédéGouines de Strasbourg


La dernière campagne présidentielle fut exemplaire. Coincée entre le travail (ceux qui se lèvent tôt...) et la patrie (son petit drapeau chez soi), surgissait, hideux et terrifiant, le spectre familial. On comprend d'ailleurs pourquoi : dans une société méthodiquement morcelée, cassée, il faut bien tenter de désigner encore quelques espaces supposés solidaires. La famille et le couple, spontanément, paraissent faire l'affaire.

Spontanément, car à y réfléchir, la famille est bien plutôt le lieu de la terreur. L'instrument d'une terreur. Cet espace obligatoire où il faut croupir le plus longtemps possible sans échappatoire, sous tutelle, dépendant du bon vouloir d'une parenté...

Cette famille nous en avons touTEs expérimenté la violence. À des échelles diverses : incestes, suicides, exploitation des femmes, impositions normatives. Cette famille, nous avons vu comme elle ne nous rendait pas heureux/se.

Une question : alors que la famille nous a si souvent dévastéEs, alors que pour la plupart elle n'a jamais signifié, au mieux, que l'étouffement, pourquoi perdure-t-elle envers et contre tout ? Pourquoi n'est-elle pas sans relâche la cible de nos attaques émancipatrices ? Bref, pourquoi l'idéologie familiale ? Qui sert-elle ?

De la cellule familiale brisons les barreaux.
C'est si beau une prison qui brûle.




 Samedi 22 décembre 2007 à 14 h à La Friche


Atelier « Famille, viols d'enfants et loi du silence » avec projection du documentaire « La traversée du silence » (France, 2006, réalisé par Charlotte et Géraldine Sroussi) - Événement proposé et animé par Le Torchon Brûle Toujours


Projection du documentaire « La traversée du silence » de Charlotte et Géraldine Sroussi, qui donne la parole à trois femmes qui ont été violées, quand elles étaient enfants, par un de leur parents, et qui évoquent les mécanismes implacables de la loi du silence et ce qu'elles entreprennent pour en sortir. L'atelier propose de réfléchir sur les rapports de pouvoir au sein de la famille qui rendent possibles les viols et les violences à l'encontre des enfants, et sur la construction de la loi du silence dans le cas des viols.

Lorsqu'on est socialiséE en femme, on est confrontéE à une forte pression sociale et à une invisibilisation de nos sexualités et de notre anatomie. Cela fait obstacle à la maîtrise de nos corps, de nos sexualités et de notre santé.




 Samedi 22 décembre 2007 à 20h30 à La Friche



Projection-débat du documentaire « La transparentalité aujourd'hui » (France, 2007, réalisé par Maud Yeuse Thomas) - Événement proposé et animé par Sans Contrefaçon

Présentation du film par sa réalisatrice, Maud Yeuse Thomas :


Le cadre

À Sans Contrefaçon, nous désirions proposer des débats publics, en nous aidant de nos films, afin de poser le sujet des transidentités selon notre perspective, jusqu'à présent inentendue en France, et face au constat de la domination du discours psychanalytique, ainsi que poser l'accès aux publications autres que des biographies. Faire des images, raconter nos histoires par nous-mêmes, constituant un des fils rouges afin de remédier à la méconnaissance de ce sujet et la reconquête de ce déficit de représentation, sans jamais perdre de vue le débat intellectuel.

Le sujet de ce film est venu à la suite d'un travail de thèse d'une étudiante à l'université d'Aix-en-Provence. Après un premier contact à Sans Contrefaçon, elle a pu rencontrer plusieurs couples sur le double sujet des transidentités et de la transparentalité. Son travail a donné lieu à un atelier aux UEEH, organisé par Karine Espineira. À cette occasion, nous avons rencontré Laurence Hérault, anthropologue à la MMSH* qui nous a proposé de faire un film sur ce sujet, de le présenter et d'en débattre à l'université. Cela répondait à notre désir de faire entrer ce sujet dans le cadre de l'université par nous-mêmes. Le film s'est donc fait dans les six mois suivants et, malgré des défections de dernière minute, il a été présenté lors de la journée de réflexion annuelle sur le sujet des transidentités proposée aux étudiant-e-s en ethno-anthropologie.


Le fond du débat

En préalable, il est manifestement le sujet orphelin du débat sur les transidentités. Les raisons résident entre autres :
1) dans le traitement général qui prévaut en matière de « minorités sexuelles », catégorie morale fourre-tout tenant lieu de politique des identités, à l'instar de la politique de l'immigration ;
2) dans le traitement via le discours psychanalytique qui est fait, et notamment dans les tenants du protocole ;
3) dans le fait que le sujet vient invalider globalement le thème de la souffrance errante, oblige à repenser la sexualité « trans » en dehors du seul cadre psychiatrique ;
4) dans le fait que le sujet réexamine les relations entre transidentités et le lien social binaire.

La théorie ayant tout dit sur le transsexualisme et énoncé un protocole tenant lieu de vérité et de trieuse, les faits venant l'invalider, ceux-ci ont manifestement été écartés. D'où ce sentiment d'un sujet orphelin. Le film vient donc remettre en question plusieurs points :
1) les tenants du protocole selon lesquels une personne mariée ayant « fait des enfants » ne répond pas aux critères du transsexualisme « vrai » ou « secondaire » ;
2) la thèse sociopolitique selon laquelle le transsexualisme vient menacer l'instance de la famille et l'éducation des enfants ;
3) la thèse naturaliste selon laquelle l'identité se forme à partir du substrat biologique.

La génération précédente, ayant intériorisé les critères du protocole psychiatrique, a fait en sorte de minimiser l'impact d'un mariage et de la présence d'enfants, acceptant une vie marginalisée par défaut, du moment que celle-ci fût temporaire, uniquement soumise à la transition vécue comme une parenthèse. Comme il est souligné dans le film, cette génération a sacrifié entre autres ses désirs d'enfants. Mon ambition était donc de replacer, via le sujet de la transparentalité, le sujet des transidentités et de montrer en quoi, tout en maintenant les instances constituant notre socle et vie en commun - comme la famille, le lien social, l'éducation et la transmission d'une identité - celles-ci sont profondément interrogées et, le cas échéant, renouvelées.


*Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme - Aix-en-Provence. Cette journée d'études, expériences et itinéraires transgenres propose une approche des expériences transgenres en se centrant plus particulièrement sur la question des liens familiaux et matrimoniaux.





Le Collectif JoyZone remercie La Friche, la Compagnie Calamity Jane et Sonya Oster de leur accueil et aide.





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